Londres, Léonard, la créativité

 

Magnifique exposition Léonard de Vinci à Londres qui multiplie les « premières fois » : les 2 versions de la Vierge aux rochers (celle du Louvre et celle de la National Gallery) réunies, prêts exceptionnels des collections royales britanniques, présentation de 13 des 19 tableaux connus de Léonard de Vinci, exposition du Christ « Salvator Mundi » récemment attribué à Léonard…

 

Les tableaux et dessins présentés font la démonstration des nombreuses innovations que Léonard a apporté à l’histoire de la représentation et qui convergent toutes vers sa volonté d’être au plus près de la nature grâce à l’observation. Trois innovations y sont particulièrement bien illustrées :

-   le sfumato si présent dans le carton de Burlington –effet vaporeux qui permet de donner l’illusion d’un volume sur un dessin -,

-   le premier portrait réalisé de trois quart au lieu de profil avec le « Musicien »,

-   le « dessin filmique » : la capacité à multiplier les points de vue sur un objet afin d’en saisir l’essence comme ses innombrables esquisses l’attestent.

 

S’il est un dessin qui m’a marquée : un feuillet recto-verso d’esquisses synthétisant la conception, largement inspirée des représentations alors en vigueur, de Léonard sur le cerveau composé de 3 ventricules. Dans ses dessins, Léonard valorise au même niveau la mémoire (memoria), les capacités intellectuelles (cogitatio, estimatio) et la créativité (fantasia et imaginatio). Tout cela ne saurait fonctionner sans la perception (imprensiva) et le « senso commune », la capacité à relier et juger ses sensations.

 

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