Vivement demain !

Sur-Natures
La Vague des Pixels, Colmar 2012
© Miguel Chevalier

Alors que les temps se troublent, que les horizons se multiplient, les dirigeants d’entreprise sont de plus en plus nombreux à se rapprocher de l’art contemporain et à vouloir partager, si ce n’est une passion, des expériences vivifiantes avec leurs collaborateurs.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de rentrer seulement dans une logique patrimoniale de collection mais de se confronter à à l’inattendu, de s’exposer à une diversité de points de vue, de s’interroger sur la part de l’émotion dans son jugement. Par ici la créativité !

Si l’exposition Ă  l’art contemporain permet de se mettre dans une posture d’ouverture et d’interrogation, elle permet aussi de percevoir des signaux faibles de notre sociĂ©tĂ©. “Pour moi, l’art est d’abord un capteur des grands questionnements de l’humanitĂ©. Et une vigie, car les artistes, avec leur sensibilitĂ© et leur langage universel, sont dans une sorte de phare, en avance sur le mouvement gĂ©nĂ©ral du monde” dĂ©clare François Pinault.

Deux expositions mettent actuellement en scène cette capacité de l’art à entrer dans le futur. Au Mac Val, le nouvel accrochage « Vivement demain » questionne le pouvoir visionnaire prêté aux artistes. Au centre Pompidou, « Multiversités créatives » témoigne de la richesse des croisements opérés entre design, nouvelles technologies et innovation sociale que ce soit pour générer de nouvelles idées, fabriquer ou représenter.

Les artistes accompagnent ou stimulent des échanges privilégiés avec les développements technologiques depuis longtemps ; la Renaissance ou le Bauhaus en sont des illustrations marquantes.
Dans notre époque de mutation numérique accélérée, les artistes du digital sont particulièrement exposés pour incarner ce rôle. Leur merveilleuse rareté est de savoir être des utilisateurs avancés qui explorent le monde avec imagination, poésie et émotion.

Un pionnier emblématique de cette discipline, Miguel Chevalier, nous fait partager sa vision du monde de demain, sensible et coloré.

Demain est à créer.

Lumineux été !

Valérie Bobo

PS : Cet été, Mona Lisa recommande d’adopter le soleil d’Olafur Eliasson qui brille aussi la nuit.

 

Rencontre avecMiguel Chevalier, artiste pionnier de l’art numérique

 

Sur-Natures
Sur-Natures, Daejeon Museum of Art, 2005
© Miguel Chevalier

3 synonymes de créer ?

Inspirer (de nouvelles idées)
Susciter (des émotions, des réflexions)
Sublimer (la nature, notre environnement quotidien)

Si la créativité était une rencontre ?

Pour moi, ce serait la rencontre avec les nouvelles technologies. Au dĂ©but des annĂ©es 1980, l’informatique Ă©tait de plus en plus prĂ©sente dans les mĂ©dias et l’on commençait Ă  parler de la sociĂ©tĂ© de l’information. C’est ce territoire encore vierge, non explorĂ© par la crĂ©ation artistique contemporaine, que j’ai souhaitĂ© approfondir. J’ai pris conscience que tous les modes d’expression (peinture, photo, vidĂ©o), allaient ĂŞtre profondĂ©ment bouleversĂ©s par la vague dĂ©ferlante du numĂ©rique. Cet outil allait ĂŞtre pour moi la base d’une dĂ©marche structurellement originale.
Ce qui me fascine, ce sont ses possibilitĂ©s illimitĂ©es et en perpĂ©tuelle transformation. Par exemple, mon oeuvre « Sur-Natures », jardin virtuel composĂ© de 18 graines diffĂ©rentes, se dĂ©veloppe chaque jour en temps rĂ©el. L’oeuvre est toujours en devenir.

Imaginer le monde de demain c’est ?

Miguel

Lilus Arythmeticus dit d’Euclide,
série des Fractal Flowers, 2009 © Miguel Chevalier

Imaginer le monde de demain, c’est pour moi le repenser au travers du numérique et générer une écriture poétique capable de soulever des émotions au même titre que les autres media (peinture, photographie, vidéo).
Ă€ chaque Ă©poque, les artistes utilisent les moyens de leur temps. Selon moi, l’art du 21ème siècle doit explorer de nouveaux territoires et, si j’utilise les nouvelles technologies, ce n’est non pas pour en faire l’apologie, mais pour ĂŞtre en prise directe avec le monde qui nous entoure.
Le virtuel et le numĂ©rique peuvent rĂ©gĂ©nĂ©rer de nouvelles idĂ©es et bouleverser notre environnement. C’est le cas par exemple des nouvelles imprimantes 3D qui dĂ©sormais peuvent « rematĂ©rialiser » le virtuel.
C’est selon moi une vĂ©ritable rĂ©volution pour le domaine de la sculpture, encore peu perçu. Je peux dĂ©sormais sortir mes « fleurs imaginaires » du virtuel grâce aux imprimantes 3D qui les matĂ©rialisent en rĂ©sine.

Ces technologies d’impression 3D Ă©voluent très vite et Ă  terme nous pouvons imaginer qu’elles gĂ©nèreront des espaces uniques très complexes, tout en modifiant considĂ©rablement les coĂ»ts de production et de rĂ©alisation. Dernièrement, l’architecte et designer italien Marco Ferreri, a imprimĂ© grâce Ă  une technologie d’impression 3D et Ă  partir d’un matĂ©riaux composite constituĂ© de sable, une maison, intitulĂ©e «Casa tutta di un pezzo» (la maison d’un seul bloc). Nous pourrons donc très bientĂ´t construire non seulement des sculptures, du mobilier, des architectures de grande taille en couleur, mais peut-ĂŞtre mĂŞme avoir la possibilitĂ© d’imprimer une ville… Ces outils numĂ©riques ouvrent des possibilitĂ©s infinies.

Propos recueillis en juillet 2012

Les hommes de l’ombre en lumière

Sur-Natures
Participant du séminaire en pleine
création de lumière

© Mona Lisa

Au croisement du marketing et des arts, les visual merchandisers préparent l’efficacité commerciale des boutiques. Une équipe internationale d’une marque de luxe est venue se ressourcer à Paris durant 3 jours et quoi de plus logique en cette ville que de les baigner de lumière ?

Mona Lisa a crĂ©Ă© spĂ©cifiquement pour cette Ă©quipe une intervention en plusieurs sĂ©quences afin d’enrichir leur crĂ©ativitĂ© et leur pratique quotidienne.
Benchmark : une rencontre avec le régisseur lumière du spectacle «Pelleas et Mélisande » de Bob Wilson après une visite « impressionnante et émouvante » de l’opéra Bastille et de ses ateliers incomparables.
Découverte de l’exposition « Néon, Who’s afraid of red, yellow and blue ? » à la Maison Rouge, où l’équipe a aimé « le côté drôle, décalé, parfois osé des oeuvres ».
Rencontre avec l’artiste Nathalie Junod Ponsard et découverte de ses magnifiques installations lumières.
Expérimentations du travail de la lumière in situ, guidés par Nathalie Junod Ponsard. Chacun a créé ses propres installations lumière jouant avec les projecteurs, les filtres et le lieu et a apprécié le caractère « ludique et formateur » de cette séquence.
Conclusion du sĂ©minaire Ă  la Manufacture des Gobelins oĂą Nathalie Junod Ponsard nous a prĂ©sentĂ© une de ses toutes dernières oeuvres lumineuses “Etendues latĂ©rales” sur la façade d’entrĂ©e de la galerie des Gobelins.

Miguel
Etendues latérales

© Nathalie Junod Ponsard

Bilan du manager StĂ©phane S. : « Les feedbacks que j’ai partagĂ©s avec mon Ă©quipe ont Ă©tĂ© plus que positifs. Ils ont beaucoup aimĂ© cet ” instant crĂ©atif”. ComblĂ©s, ils sont repartis vers leurs diffĂ©rents pays avec de l’Ă©nergie et de la motivation. Et aussi je crois avec le sentiment que Paris est, et restera certes la VILLE LUMIERE, mais aussi le lieu oĂą tout est possible »

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