Londres, Léonard, la créativité
Jeudi, 26 janvier 2012
Magnifique exposition Léonard de Vinci à Londres qui multiplie les « premières fois » : les 2 versions de la Vierge aux rochers (celle du Louvre et celle de la National Gallery) réunies, prêts exceptionnels des collections royales britanniques, présentation de 13 des 19 tableaux connus de Léonard de Vinci, exposition du Christ « Salvator Mundi » récemment attribué à Léonard…
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Les tableaux et dessins présentés font la démonstration des nombreuses innovations que Léonard a apporté à l’histoire de la représentation et qui convergent toutes vers sa volonté d’être au plus près de la nature grâce à l’observation. Trois innovations y sont particulièrement bien illustrées :
-  le sfumato si présent dans le carton de Burlington –effet vaporeux qui permet de donner l’illusion d’un volume sur un dessin -,
-  le premier portrait réalisé de trois quart au lieu de profil avec le « Musicien »,
-  le « dessin filmique » : la capacité à multiplier les points de vue sur un objet afin d’en saisir l’essence comme ses innombrables esquisses l’attestent.
S’il est un dessin qui m’a marquée : un feuillet recto-verso d’esquisses synthétisant la conception, largement inspirée des représentations alors en vigueur, de Léonard sur le cerveau composé de 3 ventricules. Dans ses dessins, Léonard valorise au même niveau la mémoire (memoria), les capacités intellectuelles (cogitatio, estimatio) et la créativité (fantasia et imaginatio). Tout cela ne saurait fonctionner sans la perception (imprensiva) et le « senso commune », la capacité à relier et juger ses sensations.
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Créer
Mettre en scène Une fois terminées, les créations individuelles sont confiées à des artistes chargées, avec la sensibilité qui est la leur, de les assembler en une unique tenture qui dégage une vision commune et forte. Une carte se dessine, amenant le regard à progresser d’un univers terrien aux couleurs chaudes vers un univers marin plus froid et plus ouvert…
Rideau ! En fin d’après-midi, tous les collaborateurs découvrent la tenture installée et … comprennent l’importance de cette phase d’assemblage : elle donne une cohérence à un ensemble qui met en valeur chaque contribution individuelle.
Cet établissement artistique, encore en travaux, devrait ouvrir ses portes à l’automne prochain, à Paris dans le 19e arrondissement. Il va, sur une superficie de 36000 m2, rassembler de multiples acteurs et accueillir des publics divers. Sa vocation ? Bousculer les frontières entre tous les arts et tous les publics ; être un lieu où les échanges entre artistes et visiteurs impulsent une expression artistique nouvelle.
Des artistes venus du monde entier y seront accueillis en résidence, le temps d’un projet ; des manifestations régulières permettront au public de découvrir ce travail. Mais, un cran plus loin dans la logique de décloisonnement et d’échanges, le lieu proposera également des espaces événementiels (possibilité d’y organiser des salons, des showrooms temporaires et des séminaires) et accueillera une pépinière d’entreprise avec pour vocation d’inventer de nouvelles dynamiques entre le champ artistique et le monde économique.











